Boucle Energétique Locale (BEL) du Val d’Ille

En 2012, la Région Bretagne a lancé un appel à projets intitulé « Boucle énergétique locale » pour accompagner les collectivités bretonnes dans leur politique énergétique territoriale. Parmi les projets lauréats, la Région Bretagne a retenu le projet du Val d’Ille:

Le Val d’Ille s’est engagé dans la Convention des Maires (objectif des 3*20 d’ici 2020) et s’est donné comme objectif de devenir territoire à énergie positive d’ici 2030. Il a ainsi engagé de nombreuses actions visant l’efficacité énergétique et la production d’énergies renouvelables.
Une première traduction de la politique énergie climat a été le développement de la filière bois-énergie, avec la mise en place d’une plateforme de stockage et d’un service de broyage pour produire des plaquettes, en parallèle d’une action pour la préservation et la replantation de haies dans le cadre de Breizh Bocage.
Une seconde traduction a été l’élaboration d’un schéma communautaire des déplacements, avec un axe fort autour du développement des modes doux. La Communauté de Communes a une convention de partenariat avec l’Agence Locale de l’Energie et du Climat du Pays de Rennes, à travers laquelle des actions telles que la « Maîtrise de la Demande en Electricité pour l’éclairage dans les commerces » ont pu être expérimentées sur le territoire.
9 des 10 communes du Val d’Ille adhèrent au Conseil en Energie Partagé.
En 2012, le Val d’Ille a également été retenu dans le cadre du programme européen Interreg IVA pour être partenaire du projet GreenFit qui vise à améliorer l’efficacité environnementale et favoriser la production d’ENR dans les zones d’activités.
En 2013, il est prévu de réaliser une étude pré-opérationnelle OPAH (Opération Programmée de l’Amélioration de l’Habitat), et un schéma de valorisation énergétique de la biomasse avec le soutien de l’association AILE. Il s’agit, avec le projet de développement de boucle énergétique territoriale, de donner un cadre structurant pour articuler ces différentes actions et leur donner davantage d’ampleur et de cohérence.

L’architecture générale du projet

Elle se décline comme suit :

> Cibler 4 secteurs prioritaires et stratégiques sur le territoire : le résidentiel, le tertiaire, l’agriculture et le patrimoine public (le secteur des transports, lui aussi prioritaire, faisant déjà l’objet d’un schéma des déplacements communautaires).
Définir entre 5 et 10 zones de projets sur le territoire, sur la base d’une première cartographie des réseaux énergétiques locaux (a priori 5 à 6 zones résidentielles et 2 zones d’activités ; les critères de sélection sont en lien avec la RT et le type d’urbanisme, le potentiel de production d’ENR, les projets de réseaux de chaleur, la précarité énergétique, les écoquartiers, etc.). Chaque zone de projet sera équipée d’un compteur électrique spécifique, qui permettra un suivi des consommations, productions, et des courbes de charge, à ce niveau territorial précis.

> Dans chaque zone de projet, une dizaine de 10 foyers seront équipés avec du matériel de suivi des consommations (et productions selon les cas ; 50 à 100 foyers en tout), et certains seront reliés à une plateforme multimédia individualisée (20 foyers en tout). Ces foyers seront accompagnés pour mettre en place des actions d’économie d’énergie, de production d’ENR, et de régulation de leurs consommations en fonction de la production locale et des pics de demande. Les données issues de l’instrumentation permettront de :
- Elaborer des profils type de foyers et extrapoler à l’échelle du territoire l’impact des actions d’amélioration de l’efficacité énergétique qui peuvent être menées.
- Développer ces actions d’amélioration en les ciblant selon les foyers sur le territoire (articulation avec l’étude pré-opérationnelle OPAH). Développer des actions et mécanismes de régulation publiques.
- Mettre en adéquation les projets de production d’ENR avec les besoins du territoire (projets en cours : plateforme biomasse, unité de production photovoltaïque au sol. Cela inclut l’éventuel développement de solutions de stockage.

> Des audits énergétiques seront proposés aux entreprises des zones de projet dans un premier temps.

> Une étude pour le développement des ENR dans les zones d’activités sera menée en parallèle.

> Des rencontres techniques seront proposées aux agriculteurs.

> Dès le démarrage du projet, une démarche transversale de mobilisation et d’animation des acteurs, des usagers et des producteurs à l’échelle des zones de projets, sera mise en place : 3 rencontres sont prévues par zone de projet (animées par l’ALEC).

Le secteur résidentiel

Suite aux propositions des communes, et à l’analyse de faisabilité d’ERDF pour équiper les zones avec un compteur, les zones sélectionnées sont les suivantes :
> Saint Germain : le poste du vieux marché qui alimente une partie du centre bourg et auquel sont branchés les panneaux photovoltaïques de l’école. > Guipel : le poste qui alimente une partie du lotissement communal construit dans les années 1970 et chauffé à l’électrique, auquel sont reliés les panneaux photovoltaïques de la salle de sport (et a priori l’unité de méthanisation située à proximité).
> La Mézière : le poste alimentant le lotissement du Glérois (post-2005).
> Saint Médard sur Ille : le poste qui alimente le Clos de la Fontaine.
> Montreuil le Gast : le poste qui alimente la Bécherie (habitat rural diffus et exploitation agricole).
> Il est également possible d’avoir des données pour l’ensemble du centre bourg de Melesse (analyse sans instrumentation préalable). Nous pourrions envisager de cibler un collectif social en partenariat avec Habitat 35.

 

L’intervention de l’ALEC : Connaître l’état des réseaux, comprendre les comportements et les besoins des usagers et producteurs:

> Comprendre les consommations

Agrégation des données de l’ALEC sur le territoire dans le cadre du suivi des consommations de ZAC ou programme logement social en lien avec le travail de WATTGO et participation au travail sur l’analyse des données socio-économiques :

> Mobilisation des habitants

Apprendre aux foyers participants à mieux connaitre la répartition de leurs dépenses et consommations d’énergie
- Mesurer l’impact de la mise en œuvre de gestes et équipements économes sur la consommation d’électricité
- Communiquer auprès de la population sur les éco gestes, les faire connaitre et inciter aux « bons gestes » en s’appuyant sur les résultats de différentes opérations dont Trak O’WATTS, du suivi lié à l’instrumentation des 50 ménages et de la plate forme internet.

> Animation de 3 soirées sur les 5 territoires retenus

- 1ère soirée  (mai / juin 2013) : Ces soirées doivent permettre de sensibiliser les ménages sur le potentiel d’économies sur les éco-gestes et de sélectionner les panels de ménages qui seront instrumentés.
- 2ème soirée (octobre/novembre 2013) : Présentation des premiers bilans de consommation et l’objectif de la rencontre sera d’amener (sans contrainte) les ménages sur des gestes économes voire de petits investissements.
- 3ème soirée (mars 2014) : Bilan et perspectives.

> Accompagnement du suivi des consommations des ménages instrumentés ou non

 

Les partenaires du projet

- Le Conseil Régional de Bretagne
- L’ALEC
- ERDF
- Le SDE 35
- Les communes du Val d’Ille, plus particulièrement les communes de Guipel, St Germain sur Ille, St Médard sur Ille, La Mézière, Montreuil le Gast, Melesse (pressenties pour avoir des zones de projet)
- Les prestataires sélectionnés pour l’instrumentation des foyers
- Habitat 35

 

Lorient Agglomération et Brest Métropole Océane font également partie des lauréats.

 

Sources: Val d’Ille, ALEC