Animation d’un débat « L’écologie, un truc de bobo ?» avec l’ARCS – Association Rennaise des Centres Sociaux

Ce jeudi 4 décembre, l’ALEC (Méline et Geoffrey) se rendait au centre social Ker Yann, dans le quartier Villejean à Rennes, pour participer au « collectif d’animation » du quartier avec un débat sur le thème de l’écologie.

Après un temps introductif de sensibilisation aux enjeux écologiques (changement climatique et jour du dépassement) et sociaux (inégalités de responsabilité, d’exposition et d’accès aux solutions de lutte contre le changement climatique, enjeux de santé-environnement), un débat d’environ 1h15 a été ouvert.

La quasi-totalité de la douzaine de participant·es a pris part aux échanges, d’abord prévu sous un format bocal mais qui a finalement pris la forme d’une discussion plus libre avec bâton de parole.

Les échanges y ont été particulièrement riches et ont permis de pousser assez loin la discussion sur plusieurs sujets :

  • Un débat sur les définitions : ce qu’on entend par « écologie », qu’est-ce qu’un « bobo ».
  • La difficulté à se figurer concrètement les enjeux du changement climatique quand on est pris par son quotidien, notamment chez les plus fragiles.
  • La différence de perception et de représentation des modes de vie « sobres » en fonction de l’origine sociale (des pratiques valorisées chez les personnes aisées peuvent être mal vues chez les plus précaires).
  • L’importance de la norme pour diffuser les bonnes pratiques.
  • La responsabilité individuelle vs. la responsabilité politique/ des entreprises.
  • La notion d’écologie punitive, les clivages dans la société autour de l’écologie, l’acceptabilité des mesures.
  • Ce qui pourrait permettre de rassembler, de recréer du lien autour d’enjeux écologiques sans forcément les nommer comme tels.

La conduite dynamique du débat par l’ALEC a permis de conclure celui-ci en amenant les participant·es à se questionner sur les leviers concrets à mettre en œuvre pour faire de la question de l’écologie un sujet non-clivant, rassembleur et porteur d’émancipation pour toutes et tous. Parmi les idées qui ont émergé lors de cette fin de séquence :

  • Sortir de la terminologie habituelle de l’écologie : climat, empreinte carbone, biodiversité, durabilité…
  • Parler d’écologie plutôt par ce qui raisonne avec le quotidien : cadre de vie (propreté, déchets…), santé, etc.
  • Valoriser les pratiques déjà existantes (réemploi, réparation, prêt d’objets, partage de savoir-faire, etc.) et rappeler qu’elles sont également bénéfiques pour la planète, peuvent être vectrices d’emploi, etc.
  • Promouvoir des actions de santé qui sont aussi bonnes pour l’environnement (qualité de l’air dans l’habitat, confort d’été, alimentation saine, mobilités actives…)
  • Développer des actions qui permettent de se retrouver autour de choses pratiques et utiles au quotidien, et en profiter pour amener de la discussion sur les enjeux environnementaux

Comme l’action de portage de paroles qui avait eu lieu lors de la Fête de l’éco-citoyenneté sur la dalle Kennedy en octobre dernier (voir le retour d’action), ce temps de prise de hauteur confirme la nécessité pour l’ALEC de retravailler ses messages et sa manière « d’aller vers » les habitant·es des quartiers prioritaires. En effet, si leurs modes de vie ont un impact environnemental largement inférieur à celui de la moyenne des Français·es, ces habitant·es subissent davantage les impacts du changement climatique et du dépassement des limites planétaires. Il est donc essentiel de les intégrer à l’action collective en faisant entendre leur voix et en comprenant leur vécu.

Cette action se déroulait dans le cadre d’un travail de fond de l’ALEC sur la question de l’écologie dans les quartiers prioritaires. Cette démarche, parmi d’autres, vient incarner la valeur de « Justice sociale » inscrite dans le nouveau projet associatif de l’ALEC. Cette intervention était organisée plus particulièrement dans le cadre d’un rapprochement entre l’ALEC et l’ARCS, dans une optique d’expérimentation en vue de la création d’une dynamique partenariale au plus long cours à créer en 2026.